Peut-on acheter des Tefilines avec l’argent du Maasser ?

Introduction

Le don du Maasser Kesafim (la dîme des revenus personnels) est l’un des piliers de la solidarité au sein du peuple juif, servant principalement à soutenir les pauvres et l’étude de la Torah. Cependant, une question revient souvent lorsqu’il s’agit d’investir dans ses propres objets de culte : peut-on utiliser cet argent pour acheter une paire de Tefilines de haute qualité ou des Mezouzot ?

La règle de base : Mitsva vs Maasser

La Halakha établit une distinction fondamentale : on ne peut pas utiliser l’argent du Maasser pour accomplir une obligation (Hova) qui nous incombe personnellement.

Comme chaque homme juif a l’obligation de posséder et de porter des Tefilines, le coût de base de cette Mitsva doit être financé par ses propres revenus personnels, et non par le fonds réservé à la charité. Utiliser le Maasser pour une obligation personnelle reviendrait à « payer ses dettes » avec l’argent des pauvres.

L’exception : Le passage au « Mehoudar »

Si la règle interdit de payer le prix de base avec le Maasser, de nombreux décisionnaires (Poskim) permettent d’utiliser cet argent pour la différence de prix entre une paire standard (Kacher) et une paire de haute qualité (Mehoudar).

  • Exemple : Si une paire de Tefilines kachère coûte 500 € et que vous souhaitez acquérir une paire de qualité supérieure (Gassot, parchemins d’un sofer renommé) à 800 €, vous pourriez potentiellement utiliser 300 € de votre Maasser pour financer ce surplus de beauté et de sainteté (Hidour Mitsva).

Quels objets sont concernés ?

Cette règle ne s’applique pas uniquement aux Tefilines. On la retrouve pour :

  • Les Mezouzot : Acheter des parchemins plus grands ou plus beaux.
  • Le Loulav et l’Etrog : Pour obtenir un fruit sans défaut.
  • Le Talit : Pour un tissage de meilleure qualité.

Le cas particulier des enfants

Lors de la Bar-Mitsva, l’achat de la première paire de Tefilines est souvent une dépense importante. Si les parents ont des difficultés financières, certains rabbins permettent d’utiliser une partie du Maasser, car l’enfant n’est pas encore « obligé » avant sa Bar-Mitsva, et cela aide la famille à initier le jeune garçon à la pratique de manière digne. Cependant, chaque cas nécessite une consultation rabbinique spécifique.

FAQ : Questions pratiques

Puis-je acheter un livre de Torah avec mon Maasser ?

Oui, à condition de le prêter à d’autres ou de le mettre à disposition de la communauté, car cela devient alors un acte de diffusion du savoir.

Et pour les Mezouzot d’un nouvel appartement ?

L’obligation de mettre des Mezouzot est liée à l’habitation. La base du prix doit être payée par vous, mais le surplus pour des parchemins plus prestigieux peut provenir du Maasser.

Comment calculer mon Maasser ?

Le Maasser représente 10 % de votre revenu net après impôts et dépenses professionnelles. Il est conseillé de tenir un carnet dédié à cette comptabilité.

Conclusion

L’argent du Maasser est un dépôt sacré destiné à la Tsédaka. S’il ne peut pas remplacer notre budget personnel pour les Mitsvot obligatoires, il reste un outil merveilleux pour s’élever spirituellement en acquérant des objets plus « Mehoudar ». Dans tous les cas, pour une application rigoureuse à votre situation, n’hésitez pas à poser la question à votre Rav.

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