L’importance des Tefilines de Rabenou Tam : Qui doit les porter et pourquoi ?
Introduction
Dans le monde de la Sifrout Stam, deux noms dominent la structure interne des boîtiers de Tefilines : Rachi et Rabenou Tam. Si la majorité des hommes juifs portent les Tefilines de Rachi chaque matin, une coutume précieuse consiste à porter également celles de Rabenou Tam. Mais d’où vient cette différence et quelle est la signification spirituelle de cette pratique ?
Rachi vs Rabenou Tam : Une question d’ordre
La divergence entre Rachi (Rabbi Chlomo Itzhaki) et son petit-fils, Rabenou Tam (Rabbi Yaakov ben Meir), ne porte pas sur le texte lui-même — les quatre parages bibliques sont identiques — mais sur l’ordre dans lequel les parchemins sont placés à l’intérieur des boîtiers.
- L’ordre de Rachi : Kadech, Veaya Ki Yeviakha, Chema, Veaya Im Chamoa. C’est l’ordre « naturel » tel qu’il apparaît dans la Torah.
- L’ordre de Rabenou Tam : Kadech, Veaya Ki Yeviakha, Veaya Im Chamoa, Chema. Ici, les deux derniers paragraphes sont inversés.
Cette différence repose sur une interprétation complexe du Talmud (traité Ménachot). Bien que la Halakha suive l’opinion de Rachi comme obligation principale, l’opinion de Rabenou Tam est considérée comme tout aussi sainte et valide.
Pourquoi porter les Tefilines de Rabenou Tam ?
Porter les Tefilines de Rabenou Tam n’est pas une simple « option » pour les plus érudits, c’est une manière de s’acquitter de sa mission spirituelle selon toutes les opinions. Le Choul’han Aroukh précise que tout homme craignant le Ciel devrait idéalement porter les deux paires pour honorer la sainteté des deux traditions.
Les bénéfices spirituels
Dans la Kabbale, les Tefilines de Rachi représentent l’attribut de Hessed (Bonté), tandis que celles de Rabenou Tam sont liées à Guevoura (Rigueur). En portant les deux, on harmonise these forces spirituelles pour une prière plus complète.
Qui doit les porter ?
Traditionnellement, cette pratique était réservée aux érudits ou aux hommes mariés. Cependant, au cours des dernières décennies, sous l’impulsion de nombreux grands rabbanim (notamment dans les communautés Loubavitch, Séfarades et certaines lignées Hassidiques), l’usage s’est largement démocratisé.
- Communauté Séfarade : De nombreux Séfarades suivent l’opinion du Rav Ovadia Yosef zatsal ou l’enseignement du Ben Ich Haï, qui encourageaient le port des deux paires, souvent simultanément si la taille des boîtiers le permet.
- Communauté Habad : La coutume est de commencer à les porter dès la Bar-Mitsva.
- Usage général : Il est recommandé de consulter son propre rabbin pour savoir à quel moment introduire cette pratique dans sa vie quotidienne.
FAQ : Questions fréquentes
Quand met-on les Tefilines de Rabenou Tam ?
Généralement, on les met vers la fin de l’office de Cha’harit, après la récitation de la Amida ou du Tachnoun. Certains les portent en même temps que celles de Rachi.
Faut-il faire une nouvelle bénédiction ?
Non. On ne récite pas de bénédiction (Berakhot) sur les Tefilines de Rabenou Tam. On se contente d’avoir à l’esprit la bénédiction faite le matin sur celles de Rachi.
Puis-je porter uniquement celles de Rabenou Tam ?
Non. Les Tefilines de Rachi constituent l’obligation principale fixée par la Halakha. Rabenou Tam vient en complément pour atteindre une perfection dans l’accomplissement de la Mitsva.
Conclusion
Le port des Tefilines de Rabenou Tam est un témoignage de l’amour profond pour les Mitsvot et du respect des grandes autorités rabbiniques de l’histoire. Que vous soyez déjà pratiquant ou que vous envisagiez d’ajouter cette sainte coutume à votre routine, il est essentiel de choisir des parchemins d’une qualité irréprochable, écrits par un Sofer certifié.